l’aqueduc de Ségovie, reconstitué et commenté par des latinistes

Les élèves du collège Camille Claudel ont utilisé le logiciel sketchup pour reconstituer l’aqueduc de Ségovie. Ils ont en aussi fait le commentaire. La vidéo est disponible là : http://www.clg-camille-claudel-latresne.fr/40-matieres/langues-anciennes/article/aqueduc-de-segovie-reconstitue-par-les-latinistes-de-4e.

Travail encadré par G. Teilletche

Des ressources autour de l’enseignement audio oral du latin

Vous trouverez ci-dessous un livret de stage avec des boîtes à idées, à activité et à lexique, ainsi que des séquences complémentaires. Nous vous rappelons qu’une page dédiée à la méthode universitaire se trouve à cette adresse, avec des documents complémentaires : http://dep-lettres.univ-pau.fr/live/Manuel_latin_audio-oral_Fievet

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Une théologie des intermédiaires, de Patrice Cambronne.

Comme les participants des Journées d’Octobre de la Cnarela ont déjà pu le noter, l’Arelabor est très fière de pouvoir diffuser  la dernière publication en date de M. Patrice CAMBRONNE, Professeur émérite à l’Université de Bordeaux-Montaigne, publication à laquelle a été associé feu M. Roger SEGUIN, Maître de Conférences. (cette publication vous sera envoyée contre un chèque de 10 euros frais de port inclus, comme indiqué ici: Bon de commande une théologie des intermédiaires. )

Le titre complet en est:

Une théologie des intermédiaires,

De l’Antiquité classique à l’Antiquité tardive
Figures divines : métonymie / médiété / médiation

« Un Ange m’est apparu »

Très souvent le discours sur le Divin comporte des figures « intermédiaires » entre le monde divin et le monde des humains : « Anges », « Démon(s) » et autres « Sibylles », autant de termes qui, tout particulièrement dans notre culture, évoquent tout un ensemble de significations qui ne correspondent pas toujours aux différents sens que lui ont donnés les auteurs anciens, de la Haute Époque à l’Antiquité tardive.

Ces quelques pages ne visent qu’à en proposer une première approche, par quelques notations, certaines plus que succinctes, d’autres un peu moins rapides. Elles ne voudraient se présenter que comme une invitation à approfondir cette question si complexe. Au départ, elles constituaient, en partie, la base de tout un ensemble de cours proposés lors de nos années d’enseignement en Maîtrise – DEA « Cultures et Religions de l’Antiquité tardive ». Elles ont été révisées, et très largement augmentées et refondues en vue de cette petite publication que l’ARELABOR a bien voulu accepter. Qu’elle en soit vivement remerciée.

Certaines pages —notamment sur certaines formes de la démonologie romaine— doivent beaucoup à notre cher ami Roger Seguin. Que ces pages lui soient offertes en hommage de très amicale reconnaissance.

Patrice Cambronne, 20 Avril 2015.

En voici la table des matières: Une Théologie des intermédiaires, table des matières

Lettre ouverte à M. Le Président de la République

À Monsieur le Président de la République

Palais de l’Élysée

Paris

Bordeaux, le 26 septembre 2015

Monsieur le Président de la République,

C’est en tant que citoyens que nous nous adressons à vous au sujet du sort réservé aux langues anciennes dans la réforme des collèges qui doit rentrer en vigueur à la rentrée 2016.

Nous avons compris, dès le mois d’avril, que l’on voulait se débarrasser de ces langues : leur absence dans le nouveau socle commun et dans le premier projet de programmes en était la preuve.

On a voulu laisser croire que ces enseignements étaient obsolètes et strictement élitistes, à l’encontre de toute vérité : la consultation des programmes depuis de très nombreuses années montre que loin de se cantonner à des déclinaisons et à des conjugaisons, les cours de Langues et Culture de l’Antiquité (LCA) cherchent à relier une maîtrise des langues française et anciennes avec des éléments solides de civilisation pour s’ouvrir au monde moderne. Par ailleurs, le cours est ouvert à qui le veut, riche ou pauvre, premier ou dernier de la classe, dans tous les établissements de France. 

On a paradoxalement aussi voulu faire croire que la réforme ne toucherait que peu ces langues anciennes : la perte de trois heures d’enseignement sur le cycle 4 montre le contraire. Et ce ne sont pas les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI) qui viendront combler ce manque : les quelques propositions que l’on a pu voir, notamment dans le dernier projet de programme annoncent, de manière caricaturale, ce à quoi on veut réduire ces enseignements. Comment comprendre en outre qu’ils soient « interdisciplinaires » alors que tout est fait pour nier le statut de disciplines au latin et au grec, même sous la forme d’un enseignement de complément ? On note ainsi le mépris affiché pour ces langues par leur absence dans le socle commun, mais aussi dans le projet de programmes présenté à Madame la Ministre le vendredi 18 septembre. Sont-elles donc indignes au point que l’on ne puisse annoncer leur programme en même temps que les autres, ou doit-on comprendre qu’elles ne méritent qu’on s’y intéresse qu’une fois les « vraies » disciplines pourvues ?

Vouloir amoindrir les conséquences de la disparition de ces langues est à l’heure actuelle criminel : seule une maîtrise des langues et civilisations antiques permettent de bien comprendre notre monde actuel, —et c’est ce qu’en particulier les derniers programmes de 1998 et de 2009 soulignaient, ainsi que les différentes rencontres « Langues anciennes, mondes modernes », organisées naguère par le Ministère de l’Éducation Nationale — ; leur ignorance empêche une réelle et fine compréhension de toute notre littérature, jusqu’après 1945 pour le moins, tout comme une compréhension et un usage précis de notre langue. Comment comprendre ce rejet de ce qui nous est constitutif, de ce qui fonde et illumine nos cultures, nos politiques, nos langues ?

Nous sommes particulièrement surpris que ceux-là même qui ont été formés à cette école de l’Antiquité ne souhaitent pas voir ces enseignements perdurer et être offerts au plus grand nombre, comme c’est le cas actuellement. Seules quelques « élites » dans certains établissements pourront en effet poursuivre l’apprentissage du latin et/ou du grec sous la forme d’un enseignement de complément, bien loin des annonces de généralisation démocratique : nous le savons déjà, pour des raisons pratiques, cette matière, en tant que telle, est condamnée dans les petits établissements, alors que dans les autres elle ne risque de survivre que de façon limitée au regard de ce qui existe. Et mécaniquement cette réduction drastique des effectifs au collège entraînera leur quasi-disparition au lycée et à l’Université. Qui pourra à l’avenir vraiment lire et comprendre par exemple Homère ou Sénèque en France ? Seule une petite élite de privilégiés ?

C’est pourquoi, Monsieur le Président, nous vous demandons de prendre les mesures nécessaires pour que nos enfants puissent, tout comme leurs aînés, avoir accès véritablement aux langues mères de la nôtre, et aux civilisations qui ont construit et qui construisent encore la nôtre.

Nous avons l’honneur, Monsieur le Président de la République, de vous prier d’agréer l’expression de notre très haute considération.

Les membres du Conseil d’Administration de l’Arelabor réunis le samedi 26 septembre 2015.

Journées d’octobre de la Cnarela

Les annonces de ces derniers mois ont eu beau nous ébranler, ce n’est pas le moment de lâcher prise. C’est donc avec un énorme plaisir que nous vus rappelons qu’en 2015, l’Arelabor a le plaisir d’accueillir à nouveau les journées d’octobre de la Cnarela, du 19 au 21 octobre.

Ces journées sont un moment de rencontre privilégié entre passionnés des langues et cultures de l’antiquité, et plus spécifiquement entre collègues enseignant ces disciplines. Vous trouverez très vite dans les pages qui leur sont consacrées sur le site le programme, des indications sur les lieux de rencontre, de partage (restaurants ou autres), sur les visites proposées, des textes qui pourront vous servir d’apéritifs, des indications fournies par les conférenciers, et tous renseignements utiles.

Nous espérons vous y voir nombreux, sachant toutefois que l’inscription est obligatoire pour y participer.

Du « saupoudrage » ? Quelle « belle ambition » ! Najat Vallaud-Belkacem lève le masque sur le latin et le grec dans la réforme du collège

Communiqué de presse du 8 juin 2015 des associations signataires de la pétition.
Texte en pdf ici : communiqué 8 juin
Le 3 juin dernier, la Ministre de l’Éducation a été auditionnée au Sénat par la Commission de la culture, de l’éducation et de la communication. Ses propos sur le statut du latin et du grec dans la réforme du collège, sur la nature du travail et du mérite scolaires, sur les exigences intellectuelles de la formation des élèves, sont littéralement stupéfiants : «C’est à nous de donner aux enfants le goût du travail et celui du mérite, en les initiant par exemple au latin et au grec. Et quand bien même ce ne serait que saupoudrage, il sera toujours temps d’approfondir et d’aller plus loin au lycée ou à l’université. C’est déjà une belle ambition que d’ouvrir le plus de portes possibles avant quinze ans.(1)»
Devant les protestations des enseignants dès mars, à la promulgation de la réforme, les premières affirmations de la Ministre (2) étaient pourtant tonitruantes : dans le collège réformé, « 100% des collégiens » allaient apprendre le « latin-grec » et les langues anciennes bénéficieraient du « même nombre d’heures » qu’actuellement (pour rappel : 2 heures en 5e, 3 heures en 4e, 3 heures en 3e pour le latin, 3 heures en 3e pour le grec). En juin, le refoulé parle enfin : par le biais du « saupoudrage », la Ministre se trahit, et la vérité de la réforme, mise d’emblée en lumière par les associations et les syndicats,  éclate.
Le maintien des langues anciennes au collège n’a jamais été un objectif du ministère : il ne s’est jamais agi que d’en camoufler la suppression, et de s’en dédouaner. Le volontarisme officiel n’était qu’un artifice d’affichage : les deux dispositifs prévus pour l’enseignement du latin et du grec – Enseignement Pratique Interdisciplinaire (EPI), et un seul « enseignement de complément » de Langues et cultures de l’Antiquité (LCA) – n’engagent absolument pas le ministère. Ils ne sont en effet pas régis par des dispositions nationales réglementaires, mais rejetés dans les marges de l’autonomie locale : le latin ne sera enseigné dans les collèges que si le chef d’établissement et le conseil pédagogique le veulent et le peuvent ; quant au grec, il sera peut-être
« saupoudré » par un EPI.
Il faut le redire : privés de réglementation et de moyens spécifiques, ces deux dispositifs entreront en concurrence avec d’autres matières (l’horaire des EPI est prélevé sur les horaires disciplinaires) ou d’autres mesures (l’enseignement de complément doit s’imposer au détriment de dédoublements ou de travaux en groupe). Étouffés dans l’oeuf, le latin et le grec ne seront  sauf dans des établissements favorisés, même si le ministère pousse les hauts cris lorsque l’on parle de suppression. En revanche, la parole officielle nous certifie le « saupoudrage » et l’inégalité : ces enseignements seront privés de toute référence nationale, le « volume horaire » des EPI (2 ou 3 heures par semaine pour deux EPI, selon les collèges) et leur « contenu » étant laissés à l’appréciation des établissements (3).
Quant à l’aveu de report ultérieur des langues anciennes au second cycle ou aux facultés (« il sera toujours temps d’approfondir et d’aller plus loin au lycée ou à l’université »), il illustre la légèreté de la ministre, et officialise l’obsession de nombreux conseillers. Ne nous leurrons pas, le « temps d’approfondir » a déjà disparu : depuis longtemps, à chaque occasion favorable, et pour la rentrée 2015 aussi, le ministère ferme les sections de latin et de grec de lycée, ou interdit l’enseignement « d’exploration » en Seconde. Les filières de Lettres Classiques à l’université se raréfient. Le fusil à deux coups est déjà prêt : « Le ministère a décidé, avec le CNED [Centre national d’enseignement à distance] de développer les enseignements optionnels accessibles en ligne pour mettre fin au contournement de la carte scolaire », avait déjà annoncé Najat Vallaud-Belkacem, le 6 mars. Cette mesure sera « préfigurée dans trois académies à la rentrée 2015, avant d’être
généralisée (4)». Nul doute que le sort du latin et du grec au lycée ne soit déjà scellé, quand on croit en être à débattre du collège…
Nos associations s’élèvent contre ces discours et ces mesures. Au-delà de la disparition du latin et du grec du collège, c’est l’ensemble de la réforme imposée qu’il faut retirer. La suppression aveugle de nombreux horaires disciplinaires au profit de dispositifs hasardeux et inégalitaires ne peut manquer de creuser les écarts entre établissements et élèves, et de compromettre définitivement la formation exigeante que l’on doit aux collégiens.
APFLA-CPL (Association des Professeurs de Français et Langues Anciennes en Classes Préparatoires Littéraires) www.apfla-cpl.com
APLAES (Association des Professeurs de Langues Anciennes de l’Enseignement Supérieur) www.aplaes.org
APLettres (Association des Professeurs de Lettres) www.aplettres.org
CNARELA (Coordination Nationale des Associations Régionales des Enseignants de Langues Anciennes) www.cnarela.fr
SEL (Sauvegarde des Enseignements Littéraires) www.sel.asso.fr
SLL (Sauver Les Lettres) www sauv.net
(1) Le compte rendu est disponible sur le site du Sénat :
http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20150601/cult.html#toc3
(2) Séance de questions au Gouvernement, 24 mars 2015.
(3) Décret n° 2015-544 du 19 mai 2015.
(4) Le Monde du 17 mars 2015, Carte scolaire : ce qu’on peut attendre des annonces du gouvernement.